Sauvetage des archives de la Chartreuse de Portes

Un vaste chantier achevé en fin d’année rend le fonds d’archives de la chartreuse de Portes à nouveau consultable.

Une des missions fondamentales des Archives est la conservation et la préservation des documents. Aussi, depuis 2010, le département de l’Ain a lancé une campagne de restauration des documents des abbayes, prieurés et chartreuses de l’Ain antérieurs à la Révolution, constitués de papier, parchemins, sceaux...

 

 

Le fonds de la chartreuse de Portes (137 cotes de H 218 à H 354 ; 7 mètres linéaires) est sans conteste le plus important des fonds d’abbayes conservés aux Archives de l’Ain et le plus riche en documents anciens. Dans cet ensemble resté à peu près intact depuis la suppression de la chartreuse en 1790, on trouve les privilèges ecclésiastiques et laïcs et surtout les titres concernant les terrains acquis pour former le « désert » et les zones de pâturage (12e-13e siècles). Ces titres concernent le sud du Bugey, ainsi qu’un vaste territoire sur la rive dauphinoise du Rhône.

 

L’ensemble des archives religieuses restaurées à ce jour représente un volume de 349 cotes, soit 200 mètres linéaires.

 

 

La restauration est une opération qui intervient sur un document en dernier recours, lorsque les actions de conservation préventive et curative n’ont pas permis de lui redonner un état matériel satisfaisant et sécurisé. Elle permet de le rendre à nouveau consultable et manipulable par les lecteurs et lui rend son aspect esthétique originel, sans toutefois masquer les signes du temps.

 

 

Les documents dans un état de fragilité très avancée, prévus pour des expositions ou des prises de vues font donc l’objet de soins particuliers. Lorsqu’ils sont très déchirés, lacunaires ou difficiles à manipuler, les documents sont incommunicables au public. Les Archives font alors appel à un prestataire spécialisé. Le restaurateur doit rédiger un rapport technique et réfléchir au traitement. Il peut ainsi doser son intervention en privilégiant toujours les produits et les méthodes les plus doux. En effet, toute restauration modifie même légèrement l’état du document et il n’est pas possible de revenir intégralement à l’état antérieur. Cette opération doit cependant être réversible : tout nouveau matériau doit pouvoir être retiré aisément. Le défi consiste donc à apporter un traitement à la fois discret et efficace, pour permettre au document d’être à nouveau consulté.

 

 

Pour bien comprendre, entrez dans l’atelier du restaurateur pour analyser un document et parlons technique.

Les documents d’archives sont constitués de matériaux organiques (papier, cuir). Leur dégradation est souvent le résultat d’attaques multiples :

  • Biologique : les micro-organismes, les insectes.

  • Physique : les écarts de température, l’humidité relative, la lumière, les polluants.

  • Chimique : la composition même des matériaux.

     

     

Certains documents sont en très mauvais état : parchemins altérés, sceaux dégradés, moisissures, traces d’humidité, déchirures, taches. Le restaurateur effectue une analyse technique de chaque pièce. Il réalise un rapport photographique avant, pendant et après restauration. Son travail s’effectue ensuite en plusieurs étapes :

 

    • Démontage des fils de couture pour libérer les cahiers

    • Nettoyage à sec des feuilles par dépoussiérage léger des feuilles

    • Redressement des zones déformées et mise à plat des feuillets

    • Doublage localisé des feuilles par du papier Japon (papier très léger constitué de fibres qui offre une grande résistance physique et une longévité exceptionnelle)

    • Couture et rattachement des feuillets au fil de lin

Après disparition des déchirures périphériques et des taches d’humidité, les documents doivent être conservés dans des boîtes neutres. Ils sont prioritairement conservés à plat, sauf les parchemins qui peuvent être roulés.

 

Le conditionnement s’effectue dans une boîte neutre, sur mesure, recouverte de toile Buckram rouge, dans laquelle sont réalisés des aménagements spécifiques (logettes, compartiments, calage).

Pour en découvrir plus :


Film sur la restauration des terriers

L'inventaire de la Chartreuse de Portes, série H